Génie ArtificielGénies de l'IA
George Boole

1815 – 1864

George Boole

Il a écrit la pensée en équations

Un siècle avant le premier ordinateur, Boole cherche à traiter le raisonnement comme on traite les nombres. Il y parvient avec deux valeurs seulement, le vrai et le faux, et trois opérations. Toute machine qui calcule aujourd'hui repose encore là-dessus.

Fils d'un cordonnier de Lincoln, Boole n'a jamais suivi d'études supérieures. Il apprend le latin seul, puis les mathématiques dans les livres qu'il peut emprunter, et enseigne dès seize ans pour faire vivre sa famille.

En 1854, il publie Les lois de la pensée. L'idée est audacieuse : si le raisonnement obéit à des lois, alors ces lois s'écrivent. Une proposition vaut 1 ou 0, et trois opérations suffisent à les combiner toutes.

OpérationÉcritureCe qu'elle dit
ETx · yvrai seulement si les deux le sont
OUx + yvrai dès que l'un des deux l'est
NON1 − xl'inverse
La logique tout entière, en trois lignes.

Le lien avec les machines ne sera fait qu'en 1937, par Claude Shannon, alors étudiant : un circuit à interrupteurs obéit exactement à cette algèbre. Fermer deux interrupteurs en série, c'est un ET ; les mettre en parallèle, c'est un OU.

xy
En série, la lampe ne s'allume que si les deux interrupteurs sont fermés : x · y.

De là viennent les portes logiques, les processeurs, et jusqu'aux multiplications de matrices qui font tourner les réseaux de neurones. Boole est mort en 1864 d'une pneumonie, sans avoir vu une seule machine appliquer son algèbre.